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Décalage social (ou juste moral)

28 juillet 2007

Il y a des moments dans ma vie, relativement nombreux, où je me suis sentie décalée de la société et/ou vraiment inadaptée. Ca tient à certains points de mon éducation, d’une part, et à certains traits naturels de caractère, d’autre part, que je m’efforce depuis quelques années de corriger et maîtriser.

Seulement aujourd’hui, j’ai eu l’exemple d’une personne qui, elle, n’avait aucun, mais vraiment aucun, scrupules à être décalée (il faut avouer que ce n’était pas le même genre de décalage). Ce monsieur, que dis-je, ce muffle, il faut bien appeler les choses par leur nom, est une personne qui a fait montre, en l’espace d’un petit quart d’heure seulement, d’une exigence monstrueuse et d’un égoïsme colossal.

Pour vraiment avoir la dimension de la scène, il faut que je revienne sur certaines spécificités de mon entreprise. Nous fournissons des services aux gens, dans un cadre alimentaire, c’est-à-dire que notre plateforme contient des frigos géants et un congélateur géant ( de plusieurs dizaines de m² ). Ce qui fait que un client peut louer à la fois nos services, et un espace à -24°C pour stocker de la marchandise.

C’est le cas de l’entreprise qui emploie le mufflon dont je parle depuis tout à l’heure. Comme son entreprise donne de l’argent à la mienne pour s’occuper de ses marchandises, le mufflon considère que tout lui est dû, et naturellement s’il vous plaît. Et ce, quelles que soient les règles en place, que ce soit au sein de mon entreprise ou du bon sens en général.

Par exemple, le congélateur géant est géré par 1 ou 2 personnes, selon les périodes (1 seule personne en période creuse ou quand l’autre est en vacances, ce qui est le cas en ce moment). Inutile de dire qu’avec une telle surface, et un tel tonnage (car on ne peut parler autrement qu’en tonnes de marchandises), on ne peut pas s’en sortir sans une organisation en béton (c’est aussi le cas pour les marchandises en frais, mais un peu moins, comme on manque un peu de matériel aidant en logistique).

Du coup, on s’arrange pour qu’au maximum les stocks en machine soient fidèles aux stocks concrets/matériels dans le congel. De plus, préparer des enlèvements par -24°c (nos amis canadiens diront “gnognotte ! :p”, mais par chez nous ça reste des températures exceptionnelles !) c’est pas évident, alors on demande aux clients de prévoir à l’avance ce qu’ils ont l’intention d’enlever, pour que les personnes qui fréquentent le congel puissent les préparer d’avance et que, si le client se présente et qu’il n’y a pas de responsable congel présent, les marchandises puissent être récupérées rapidement par un cariste (dans le principe du drag n’ drop hahaha).

Maintenant que ces petites précisions sont faites, nous pouvons retourner à notre mufflon (ahah). Donc ce client ne prévient pas pour ses enlèvements, exige que “n’importe qui” le serve, ou l’aide au congel pour ramasser ce qu’il veut et que tout le monde lui rende le plus de services possible (lui fournir ce qu’il veut rapidement, une blouse parce qu’il a froid etc etc). On ajoutera à celà une amabilité frisant le banquier qui vous accueille pour discuter de votre dernier découvert.

Forte de tous ces points de non-respect et des gens et du fonctionnement de notre entreprise, j’ai noté mentalement d’en toucher un mot à mon patron quand il arriverait (ce qui à ce moment là aurait pu me sortir de l’esprit, mon patron arrivant 4h plus tard). C’était sans compter sur le dernier coup d’éclat de notre mufflon international, qui a été surpris par un de mes collègues qui arrivait, en train d’uriner contre un de nos murs d’enceinte. Je vous laisse imaginer le scandale que pourraient provoquer de tels comportements… dans le principe où nous faisons transiter des marchandises destinées à la consommation publique.

Donc, mon collègue le réprimande, en lui indiquant que les toilettes sont situées à peine à 2 minutes de marche dans le bâtiment. L’autre le prend mal (apparemment il n’apprécie pas qu’on lui fasse des remarques sur ses façons de faire) et le menace (on en vient facilement aux mains dans notre coin :p). Dès le début de la semaine prochaine, je pense que ce client va se faire bannir de nos murs. J’espère qu’il est seulement chauffeur, parce que là, je plains vraiment les clients de la boutique pour laquelle il livre. S’il est aussi soigneux avec le reste que ce qu’il nous a montré cette nuit, je dis pas cher de la qualité de ce qu’il propose à ses clients.